Les dérives de l’expatriation

Comment avoir une première expérience dans l’humanitaire ? Quels sont les risques ? Comment bien vivre l’expatriation ?

Partir en mission humanitaire : souvent plus facile à dire qu’à faire. Surtout lorsque l’on considère la durée d’une mission. Entre le stage humanitaire de 1 mois et le programme d’un an il y a une grande différence d’engagement. L’expatriation peut être vécue de différentes façons.

Elliott De La Roche a pu expérimenter ces différences au travers de ses différents voyages. Son savoir-faire dans la logistique humanitaire lui a permis de s’investir dans une petite association au Cambodge, puis à Médecins sans Frontières (MSF) en Papouasie Nouvelle Guinée pour finalement revenir en France avec l’association Aurore. Un parcours riche en enseignements qui permet de nous questionner plus largement sur la notion d’aide humanitaire et sur les différents degrés d’engagement.

Habitué aux voyages en tout genre Elliott n’en est pas à sa première expérience de l’expatriation lorsqu’il réalise son stage au Cambodge. Il va pourtant être confronté à une situation, peu évoquée lorsqu’on parle d’expatriation, et qu’il a dû dénoncer : la pédophilie. Malheureusement, il arrive parfois que les actions d’une association (souvent dans la protection de l’enfance) attirent des personnes qui ont des tendances pédophiles. Dans ce cas, l’expatriation sert de couverture à des personnes qui ne pourraient pas agir dans leur propre pays.

Mais cette mésaventure n’empêche pas Elliott de poursuivre son rêve et il fini par partir avec la grande ONG Médecins sans Frontières. Cette fois, l’expérience sera interrompue par des sentiments plus nobles 🙂

Voyager, aider son prochain, agir auprès des populations en difficulté… Poursuivre son rêve peut également nous faire réaliser que notre place est plutôt chez nous, à aider « en bas de chez soi ». Un beau parcours de vie qui a le mérite de nous questionner sur nos motivations profondes et sur nos limites.

2 réflexions sur “Les dérives de l’expatriation

  • janvier 14, 2020 à 9:16
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    Bonjour,
    Très intéressée par les sujets de solidarité internationale j’ai ecouté plusieurs de vos podcasts, dans l’ensemble très intéressants et je vous en remercie
    Je tiens à vous faire part cependant d’une grande gêne ressentie lors de l’écoute de celui-ci, comment l’intervenant peut-il répéter trois fois que la pédophilie est un sujet nuancé, qui n’est « ni blanc ni noir » , et qu’il est difficile de juger le Philippe en question car on ne connait pas son enfance… sans aucune réaction de la part de l’interviewer?
    Pourrait-on condamner fermement ces actes qui ont marqué a vie des dizaines d’enfants et ne pas laisser entendre que ces actes étaient basés sur l’amour et les faiblesses du criminel?
    Merci

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    • janvier 15, 2020 à 10:52
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      Bonjour et merci pour l’intérêt que vous portez à notre travail.
      Le sujet abordé dans cette interview est sensible, mais il nous semblait nécessaire de l’aborder dans un but de prévention.
      Tout d’abord, nous tenons à préciser que nous condamnons fermement tout acte de violence sexuelle, quelqu’il soit, et en particulier ceux à l’encontre des enfants. Nous sommes particulièrement conscients de l’impact de ces violences sur le développement de l’enfant et c’est pourquoi il nous semblait important d’aborder ce sujet.
      Nos interviews ont pour objectif de présenter les difficultés rencontrées sur le terrain de façon factuelle. En aucun cas nous ne nous permettons de condamner, de légitimer ou d’apporter un jugement moral.
      Dans ce cas précis nous tenons simplement à apporter une nuance importante : à ce jour, nous ne savons pas quelle a été la décision de la justice française. Dans un souci de respect du Droit nous ne pouvons pas condamner la personne en question. De plus, il est important de rappeler que la pédophilie est considérée à ce jour comme une psychopathologie, le diagnostic doit donc être posé par un professionel de la santé mentale.
      Quant au fait de « laisser entendre que ces actes étaient basés sur l’amour et les faiblesses du criminel » nous nions le fait de justifier les actes de violences sexuelles sur mineurs et nous n’acceptons pas cet amalgame à notre encontre.
      Il est important de préciser une chose : au cours de nos diverses expériences dans la solidarité internationale et en particulier auprès de petites structures, nous nous sommes rendu compte que l’identification de signes avant-coureur d’actes de violence sexuelle sur mineur est très difficile à réaliser en particulier lorsque l’auteur est à un poste de responsabilité dans la structure. Notre interview avait pour objectif de sensibliser à cette problématique. C’est pourquoi Elliott énumère les éléments qui peuvent alerter : des discours inappropriés sur la sexualité de la part des enfants, un adulte qui prend sa douche avec les enfants, un adulte qui cherche l’affection des enfants de façon excessive, etc.
      Donc notre objectif était bien de sensibiliser au sujet les personnes qui peuvent être confrontées à cette problématique afin que tout à chacun puisse s’alerter aux signes avant coureur et que les mesures adéquates soient prises pour protéger les enfants et condamner les auteurs d’actes pédo-criminels.
      Nous espérons que cette réponse a permis d’éclaircir notre position à ce sujet et qu’elle répond à vos interrogations.
      Merci à vous de suivre nos podcasts, nous espérons que vous appréciez le contenu 🙂

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